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19 Mai 2016

Visibrain, une des success stories du programme de prêts d’honneur

La start-up Visibrain est une plateforme de veille des médias en ligne qui permet aux professionnels de la communication de maîtriser les problématiques d’image de marque à l’ère de l’information de masse et instantanée. Lauréate d’un prêt d’honneur de l’Institut Mines-Télécom en 2012, elle connaît depuis 2013 une croissance de 300% de son chiffre d’affaires, compte 100 références clients et une dizaine de salariés à temps plein.

 

Interview avec Nicolas Huguenin, co-fondateur de Visibrain

Comment vous est venue l’idée de Visibrain ?

Nous sommes trois associés : Jean-Christophe GATUINGT, Samuel COUPÉ et moi-même. 3 ingénieurs en informatique, diplômés de l’ISEP et de l’ENSIIE. Jean-Christophe était mon binôme en classes préparatoires, et j’ai rencontré Samuel via Jean-Christophe. A la sortie de l’école, le contexte économique était morose (2008-2009). Tout ce que l’on savait, c’est que l’on voulait créer notre entreprise. Comme nous n’avions pas d’expérience, nous avons cherché des personnes qui pouvaient nous soutenir dans notre démarche. Nous avons frappé à la porte de la chambre de commerce de Paris, qui nous a permis de suivre des formations sur les nouvelles technologies notamment : ces formations étaient surtout un prétexte pour découvrir les problématiques des entreprises présentes. Et c’est là que nous nous sommes rendus compte que la question de la maîtrise des réseaux sociaux revenait très souvent. Les réseaux sociaux, ça repose sur de l’humain, il n’y a pas vraiment de règle, et nous avons décidé d’aider ces entreprises à mieux maîtriser leur présence sur ces réseaux.

Comment avez-vous élaboré cette technologie ?

Nous avons commencé par un client Twitter avec l’idée d’aider les utilisateurs de ce réseau à mieux l’utiliser, et à leur permettre de ne pas rater le contenu important qui y circule.. Un soir, en regardant le journal télévisé, nous nous sommes rendus compte que l’on savait tout ce qui se passait en France en avance sur les médias traditionnels. Forts de ce constat, nous avons eu l’intuition que cette information pourrait avoir une grande valeur pour une toute autre cible : les décideurs dans les grands groupes, et en s’appuyant sur la base technologique déjà développée nous avons pivoté.

De par nos écoles respectives, nous avons eu accès aux incubateurs Arts & Métiers et Incubateur Télécom & Management SudParis Entrepreneurs : nous avons finalement choisi de nous installer en 2009 dans ce dernier. Nous avons ciblé des agences, des groupes, des entreprises… et nous nous sommes aperçus qu’il y avait déjà des concurrents, ayant une approche différente, mais déjà en place. Nos différenciants forts sont une couverture large et dynamique des sources, une interface plus ergonomique et opérationnelle, et des alertes en temps-réel.

Comment s’est construit le financement de votre start-up ?

C’est au bout de 8 mois que nous avons pu payer nos premiers salaires. Nous avons parcouru le site de l’APCE pour connaître les aides possibles. Nous avons décroché une aide AIMA de 25000€. A cela se sont ajoutés 35000€ d’une levée de fonds en love money. En 2012, nous avons eu notre premier client, une agence digitale : nous avons alors créé notre entreprise, car sans cela nous ne pouvions pas faire de facture !  Nous avons été bien orientés par l’Incubateur Télécom & Management SudParis Entrepreneurs pour solliciter des aides : nous avons été soutenus par Scientipôle Initiative sous forme de prêt d’honneur à hauteur de 60 000€, puis nous avons obtenu un autre prêt d’honneur de l’Institut Mines-Télécom de 40 000€. Cela nous a permis de continuer notre développement : financer les salaires, acheter le flux twitter, continuer à développer le graphisme pour assurer une bonne expérience utilisateur. Nous avions besoin de temps. Pour comprendre les besoins de nos clients, pour améliorer notre technologie, pour faire les bons choix. Et ces aides nous ont permis d’en avoir.

Quels ont été vos premiers gros clients ?

En parallèle de ces aides, nous avons eu nos premiers gros clients : l’agence Image 7, la plus grosse agence en RP/ lobbying en France, ainsi que l’équipe de campagne de François Hollande, et le Service d’Information du Gouvernement (SIG – une cellule de veille interministérielle). En parallèle nous avons réussi à développer notre notoriété avec un reportage sur France 3 et des articles dans des magazines grand public.

Après 2 ans d’incubation, nous avons quitté l’incubateur avec un pincement au coeur, pour nous installer dans nos premiers locaux. Nous nous sommes alors lancés dans une nouvelle levée de fonds, et nous avons signé avec Bouygues Télécom Initiatives & 3T Capital. La particularité de BTI, c’est qu’ils financent des projets qui sont en résonnance avec leurs métiers en interne. Comme nous travaillions déjà avec le département digital, nous avons très rapidement obtenu un financement.

Est-ce que le réseau de l’incubateur vous a aidé pour réaliser ces levées de fonds ?

Didier Tranchet, business angel et coach de l’incubateur de Telecom Sud Paris, que nous avons rencontré grâce à l’incubateur, nous a beaucoup aidé dans notre levée de fonds. De plus l’attribution de notre prêt d’honneur et via l’incubateur nous ont apporté beaucoup de crédibilité devant BTI & 3T Capital, ce qui nous a permis d’être en bonne posture pour bien négocier.

Comment vous projetez vous pour les années à venir ?

Aujourd’hui, notre équipe est forte de 10 personnes, et rassemblons toutes les compétences clefs pour nous développer, en particulier côté graphisme, communication, technique et commercial. Aujourd’hui, nous sommes présents dans 3 pays : la France, la Suisse et la Belgique. Les mentalités et pratiques business sont très semblables à la notre en Belgique et en Suisse, et notre challenge principal en ce moment est le développement commercial en Angleterre. Pour nous aider nous nous appuyons actuellement en France sur une agence de RP, et bientôt sur une autre à Londres. Nous avons recruté une collaboratrice anglaise pour la communication en anglais. Nous avons encore beaucoup de travail ! Et nous nous positionnons de plus en plus vers les grands groupes, pour qui les questions liées à la protection de leur image.

 

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